Découvertes

Statues en terre cuite de Montpézat

En août dernier Olivier Cabrol et Pierre Caussade recevaient Didier Delhoume (conservateur régional de l’archéologie ; DRAC Occitanie) et Valérie Salle (ingénieur d’étude au SRA1 – DRAC2 Occitanie ; responsable Gers) dans les locaux du CERAMES. Cette rencontre initiée par Valérie Salle avait pour but de présenter les activités, l’organisation de notre association et le chantier du centre d’expositions à Didier Delhoume.

          C’est en visitant nos réserves et découvrant des éléments de statues en terre cuite que, Didier Delhoume, intéressé par le style de ces statues (sculptées et non moulées) nous a demandé d’établir  un rapport succinct sur les conditions de découvertes et l’origine de ces œuvres.

         Les informations contenues dans ce rapport sont de nature à éveiller la curiosité de certains pour aller plus avant dans notre enquête sur les origines et l’histoire de ces statues. Si parmi les membres de l’association (ou toute autre personne qui voudrait nous rejoindre) certains sont intéressés par cette activité n’hésitez pas à prendre contact avec Olivier Cabrol (cerames.32@yahoo.com) qui vous guidera !

<<<<<<<<<<<<<<<>>>>>>>>>>>>>> 

1 SRA : service régional d’archéologie

2 DRAC : direction régionale des affaires culturelles

Les statues

Découvertes

Première

La voiture s’immobilise sur le bas-côté d’une petite route de campagne. Le soleil d’automne illumine les champs labourés de frais. Olivier me désigne celui qui s’étale devant nous et descend en pente douce vers un petit ruisseau au fond d’un vallon. C’est là que nous allons trouver, je n’en doute pas, la main en marbre d’un bel éphèbe ou à défaut une imposante mosaïque colorée… ! ! !

Nous marchons dans le labour inondé de lumière et je découvre quelques petits fossiles qui me ravissent… Mais ils sont si nombreux que je finis par les laisser de côté. Nous dévalons lentement la pente de la colline. Je progresse de sillon en sillon, le regard attentif à la moindre aspérité, au plus petit caillou… Les mottes de terre luisent au soleil qui pointe au-dessus des arbres. Le lieu est magnifique !

Soudain, un objet grisâtre à moitié enfoui dans le sol attire mon attention. Je le saisis et le débarrasse de la terre qui le recouvre. C’est un gros galet lisse et doux sur ses deux faces arrondies. L’autre extrémité dentelée et tranchante présente des traces d’impacts qui ont produit des éclats. Pas de doute pour moi, ce galet a été taillé volontairement !

Après validation de la découverte par mon compagnon expert, je redresse la tête et je regarde autour de moi. La petite plateforme sur laquelle nous nous trouvons, à mi pente du labour, s’abaisse doucement vers le ruisseau…

Je tiens fermement le galet dans ma main…

L’être qui a sculpté soigneusement ce caillou, l’a utilisé, l’a reposé, l’a repris, pour dépecer, racler, couper, tailler ne soupçonnait pas qu’en le jetant à côté de lui il provoquerait une émotion aussi intense à un autre hominidé quelques dizaines de milliers d’années plus tard…

Christian Millet